De Bagnères à Lourdes en 1865
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De Bagnères à Lourdes en 1865

Dans ce livre ancien, voici un extrait qui décrit Loucrup et ses environs.

«Je connais peu de trajets aussi accidentés et aussi pittoresques que celui de Bagnères à Lourdes, dit M. Frédéric Soutras, un vrai poète, un des écrivains les plus sérieux du Midi, dans l'une de ses promenades archéologiques. On suit pendant sept ou huit kilomètres, la grande voie qui conduit à Tarbes; puis, tournant brusquement à gauche à quelques centaines de pas du gros village de Montgaillard, on gravit les pentes du coteau si bien cultivé qui borne, à l'occident, la vallée de l'Adour. Du point culminant (haut de la côte de Loucrup), l'oeil découvre le grandiose amphithéâtre des Pyrénées depuis les monts de l'Ariège jusqu'à la Rhune, et s'arrête bientôt sur la masse énorme du Vignemale faisant reluire ses glaciers au soleil, et sur les pics, aux formes si hardies, qui dominent le val d'Azun et celui des Eaux-Bonnes.


Mais ce n'est pas de montagnes qu'il s'agit aujourd'hui. Au bas de la côte de Loucrup, rapide et sans lacets qui descend vers l'ouest, on rencontre une rivière lente et paresseuse, l'Echez. A droite s'ouvre une vallée étroite, aux collines abaissées, qui court du midi au nord, et va se fondre à peu de distance de Tarbes dans la grande plaine de Bigorre. Le second village que l'on rencontre en suivant, du point où nous sommes , le cours de la rivière, est celui de Bénac, surmonté des ruines d'un vieux château féodal. Le lierre enlace ses débris, et la légende, plus vivace encore, y serpente avec ses fantastiques broderies.


Tout le monde connaît l'histoire de ce Bos de Bénac, prisonnier en Palestine ou en Egypte, que le Malin, au prix que l'on sait, transporta en quelques heures, dans son manoir des Pyrénées, où sa femme était en train de se remarier. Le maître fut reconnu, non par l'épouse oublieuse ou les serviteurs empressés autour du nouveau châtelain, mais par son vieux lévrier. L'imagination populaire se rencontre ici avec la grande imagination d'Homère, et le chien des Pyrénées, suppléant la mémoire infidèle des hommes, fait pendant au chien d'Ithaque.»

Route départementale numéro 4, jusqu'à Lourdes. Service de voitures pendant la saison, de Bagnères à Lourdes. Distance 22 km. A Lourdes, on peut prendre la diligence de Tarbes à Argelès.

Une diligence de l’époque (ici à Arreau)

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